Mon choix pour l'autoédition

Coralie Fouriau Par Le 2021-04-20 0

Dans Édition/Promotion

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Source image : moritz320 de Pixabay

Je sais que l’autoédition souffre d’une mauvaise image. C’est pourtant le choix que je fais et c’est mûrement réfléchi. On dit que les autoédités sont des auteurs qui ont été rejetés des maisons d’édition. Alors, vrai ou faux ? C’est vrai et faux. J’ai acheté des livres autoédités de très bonnes qualités. Je leur ai d’ailleurs consacré des chroniques : Coralie Raphael, Marie Continanza et Maritza Jaillet. Et cela ne fait que commencer. Pourtant tous les auteurs n’ont pas l’esprit professionnel, c’est vrai. Certains ont même l’audace de publier des premiers jets… quelle folie. Enfin, je vais vous expliquer pourquoi j’ai fait ce choix.

I. Première expérience qui fut des plus mauvaises

Certains m’ont connu par la publication de mon premier livre "Le royaume de Placida" en 2017 par une maison d’édition à compte d’auteur (que je qualifierai plus facilement de prestation de service ou de maison d’édition à compte d’auteur déguisée). Seulement, c’est le genre de renseignement qu’on ne trouve pas forcément sur les sites des maisons d’éditions. Certaines l’affichent quand elles font du compte d’éditeur (c’est elle qui se charge des frais) mais elles ne le font pas toutes.

 

Comment faire le tri ? C’est compliqué mais il y a des indices. Déjà si la maison d’édition vous répond au bout de 15 jours/3 semaines, c’est fort possible qu’elle soit à compte d’auteur (tous les frais sont à la charge de l’auteur). Pourquoi ? Parce que les maisons d’édition à compte d’éditeur reçoivent pas mal d’ouvrages d’un coup qu’il faut trier et lire avant de répondre à l’auteur. Cela demande un certain temps. Tandis qu’une maison d’édition à compte d’auteur ne va pas perdre de temps là-dessus puisque c’est l’auteur qui paie la publication de son œuvre. La maison ne prend donc aucun risque.

 

Sinon, lors du contrat, ces maisons demandent de régler une certaine somme d’argent. Elles "profitent" de la naïveté des jeunes auteurs car elles ont une position de force comparée à celle de leurs interlocuteurs qui veulent publier leur toute première œuvre et qui n’y connaissent rien à l’édition. Excepté pour les maisons à compte d'auteur qui ne s'en cachent pas. Dans ce cas, vu qu'elles le précisent dans leurs modalités, elles ne vous dupent pas. "Formule participative", à éviter fortement si vous visez le compte d'étideur car sincèrement la maison d’édition ne m’a jamais fait de rapport concernant les frais qu’ELLE avait engagés pour moi. Dans ce cas, pourquoi payer une somme faramineuse s’il n’y a eu que 99 livres vendus ? Et encore, c’est grâce à la promotion que j’avais faite avec l’aide de ma famille. Sinon le résultat aurait été amoindri. "On envoie un fichier aux librairies avec les nouvelles sorties, ensuite on ne peut pas les obliger à commander." Certes, mais en termes de promotion ? On m’envoyait les articles de journaux que j’avais pris l’initiative de contacter. "Merci, je sais ce que j’ai fait." J’aurais voulu savoir ce que l’éditeur avait fait. Rien. Rien ne justifiait le prix que j’ai payé, j’ai donc rompu mon contrat avec cette maison.

 

Sincèrement si j’étais passée par l’autoédition, cela m’aurait coûté nettement moins cher. Retourner en maison d’édition ? Jamais ! Ce n’est plus mon but. Ah ! on vous promet monts et merveilles mais au final, on ne récolte que les miettes. C’est franchement navrant quand on voit le temps qu’on passe à écrire nos œuvres.

 

Donc un conseil, si vous voulez passer par une maison d’édition traditionnelle, à votre aise. Cela arrange certains, d'autres préfèrent ainsi et c’est normal, c’est leur droit. Mais ne vous mettez pas dans les ennuis financiers pour une œuvre. J’ai eu un conseiller banque d’une extrême gentillesse et je ne le remercierai jamais assez de m’avoir fait confiance. Mais j’aurais voulu que cela se passe mieux. Ce n’est pas tant le fait de n’avoir vendu que 99 livres qui me chagrine. 99 livres, pour une première publication c’est déjà pas mal du tout. C’est plus le fait que mon entourage m’avait fait confiance, et la maison d’édition (ou plutôt la prestation de service) ne m’a pas donné l’occasion de l’honorer.
 

II. Autonomie

Je souhaite garder une certaine autonomie. Je veux pouvoir écrire mon texte comme je l’entends et non selon les attentes des maisons d’édition qui nous ressortent constamment la même soupe. À croire qu’elles sont comme un standard téléphonique avec une fiche de procédure bien précise en mode "c’est comme ça, pas autrement. On sait ce que veulent les lecteurs, faites-nous confiance." C’est vrai que les éditeurs sont dans la tête de chaque lecteur. D’où la "soupe un peu fade", pour reprendre l’expression, qu’on vous sort à chaque fois. Peut-être que cela n’en dérange pas certains ; ne vous en faites pas, ce n’est pas un mal non plus. Mais j’aspire à autre chose et je sais que certains lecteurs veulent du vrai nouveau.


Je veux garder une liberté d’écriture sans avoir l’impression d’être dans un vieux carcan. "Il faut absolument que l’amour triomphe. C’est important" m’a-t-on dit une fois. Et si j’ai envie d’écrire autrement ? Qui a dit que j’écrivais de la romance ? Pas moi en tout cas ! Je la place au second plan car je veux écrire des choses plus intéressantes pour moi. Parce que oui, j’écris d’abord pour moi, ensuite pour les lecteurs. C'est comme cela qu'on écrit de belles histoires, en prenant d'abord plaisir à écrire une oeuvre qui nous fait envie. Mais cela ne signifie pas que j’écrirai n’importe quoi. Cette joie d'écrire, le lecteur la ressentira.

 

Vous aurez de la logique, de la recherche, de la méthode. C’est pour cela que je crée des pages pour donner l’évolution du roman. Pour que de potentiels lecteurs voient que je ne fais pas les choses n’importe comment, sans le moindre sérieux. Pour les corrections, j’en fais plusieurs et je passerai par un correcteur professionnel pour le Tome 1 de Placida pour qu’il relève les principaux problèmes. Ensuite, je suis assez grande pour appliquer les conseils. Je passerai aussi par des bêta-lecteurs pour m’assurer que tout est bien compréhensible. Au moins, en autoédition, je serai certaine des activités qui seront faites, je pourrais suivre l’évolution du projet du début à la fin. J’aurais la mise en page que je désire vraiment, si j’ai envie de placer une image en début de chapitre, elle y sera.

 

Je conserverai mon texte en intégralité. Il ne subira pas la mauvaise humeur d’un éditeur capricieux. Je sais, toutes ne sont pas ainsi, encore heureux ; mais il est de plus en plus difficile de faire le tri. J’ai déjà eu des témoignages me disant qu’un moment clé de leur histoire avait été supprimé à la demande de l’éditeur. Résultat : surprise des lecteurs pour un fait qui était expliqué à la base. Je refuse qu’on se conduise ainsi envers mes livres. J’expliquerai ce qui a besoin de l’être et garderai une part de mystère. Je peux les améliorer selon les bêta-lectures, mais je ne détruirai pas une œuvre achevée.

 

J’aime aussi faire du photomontage pour mes couvertures. Elles ne seront peut-être pas aussi jolies que celles des grands noms, mais je ne suis pas la pire dans ce domaine. Je suis quelqu’un qui s’applique. Je vous ferai de beaux booktrailers pour vous donner envie de lire mes ouvrages. Bref, je ferai tout mon possible pour que vous ayez un résultat professionnel.
 

III. Droits moraux et patrimoniaux

Je souhaite également garder mes droits. Je veux garder la main sur mes œuvres et décider qui pourra exploiter mes œuvres ou pas. Cela n’arrivera peut-être jamais, je ne me leurre pas, je sais garder la tête sur les épaules. Mais qu'importe, je conserverai mes droits. Je refuse qu’on me dise "vous devez céder vos droits à l’édition pour publier votre œuvre". Mes droits, j’en fais ce que j’en veux. C’est moi et moi seule qui déciderai à qui je les cède.

IV. Liberté de promotion

En autoédition, je pourrai me rendre dans les salons que je veux (à partir du moment où ils sont ouverts aux autoédités, évidemment). Je pourrai planifier les événements selon mon temps disponible sans me sentir coupable de ne pas participer à certains d’entre eux. C’est important de promouvoir son œuvre, c’est vrai. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a d’autres projets sur le feu. À l’heure où j’écris ce billet, j’ai 25 projets d’écriture listés : 5 projets Fantastique ; 18 projets Fantasy et 2 projets Roman biographique. D’autres peuvent encore s’ajouter par la suite et j’aimerais déjà venir à bout de ses 25 projets. Alors du temps, j’en ai très peu.

Ne croyez pas que je vise le best-seller. Je sais pertinemment que cela n’arrivera pas, ou post-mortem peut-être. Je ne participerai pas non plus au concours pour remporter un prix car ceux-ci ne sont pas ouverts non plus aux autoédités. Ce que je veux, c’est écrire, partager un univers, en discuter et en rire si possible. Eh oui, si possible car tous les aspects de mes écrits ne sont pas forcément joyeux, comme notre monde.
 

En somme

Je n’écrirai pas de conclusion pour ce billet car ce choix est personnel. Je ne vous impose pas l’autoédition si en tant qu’écrivain vous préférez avoir recours à une maison d’édition. Sachez seulement qu’il existe des pépites parmi les autoédités et qu’il y en a quelques-unes dans cette librairie : Librairie Jeunes Pousses. C’est une librairie qui fonctionne sur le même principe qu’une maison d’édition mais réservée aux autoédités. Merci à Lou pour le travail qu’elle fournit.

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