Confidence n° 4 – Mon rapport à l’écriture

Coralie Fouriau Par Le 2021-04-20 0

Dans Confidences

Confidence4

Image de  JacLou DL de Pixabay

Introduction

L'écriture a pris tellement de place dans ma vie que c'en est devenu viscéral. L'écriture est un travail, certes, mais il n'est pas que cela. Lorsque je prends la décision de ne plus écrire quoi que ce soit, c'est elle qui me rappelle à l'ordre. J'ai déjà fait le test une fois. J'ai tenu environ un mois tout en ressentant une certaine mélancolie. Il me fallait une nouvelle histoire à préparer. J'avais une fanfiction sur Le Hobbit. Je l'ai assez vite arrêtée par manque de lecteurs sur Skyrock. Puis j'en ai eu assez des fanfictions, je voulais écrire ma propre histoire. J'ai dû la commencer vers l'âge de 23/24 ans, j'écrivais Le royaume de Placida (qui sera transformé en trilogie). Je sentais que j'étais prête à écrire un récit correct même si j'ai eu de gros moments de doute.


Petit aparté : j’ai découvert le syndrome de l’imposteur sur Twitter. J’en ai été plutôt surprise. À l’heure où je vérifie ce billet, je lis "Comme par magie" d’Elizabeth Gilbert. Et elle fait effectivement mention d’une "permission" d’écrire. Et comme elle, je vous dirai qu’on n’en a pas besoin. C’est quoi ces gens qui se sentent illégitime à écrire ? L’écriture est un art, certes, mais tout romancier a débuté comme nous. L’écriture, comme tout art, s’apprend. Alors cessez de vous dire que vous êtes illégitime à écrire. Quelle drôle d’idée. Écrivez et puis c’est tout. Écrivez et apprenez. 
Quand j’ai décidé de mettre sérieusement au roman, jamais je ne me suis demandée si je pouvais le faire. Je faisais et je voyais où l’expérience me menait. Bon, revenons à nos moutons.
 

Cultiver l'écriture

Depuis toute jeune, je m'étais toujours refusée à laisser des fautes traîner dans mes textes. Le langage SMS était réservé aux SMS et rien de plus. Ah ! je l'ai souvent ouvert mon dictionnaire et je l'ouvre encore aujourd’hui quand j'ai un doute. Je l'ouvrais même bien avant d'écrire des histoires. Parfois je lisais à tout hasard quelques mots avec leurs définitions. Je faisais cela parce qu’au collège ma prof de français en 3e m'avait dit que j'avais du potentiel mais je n'avais pas un vocabulaire assez riche ; d'où la lecture du dictionnaire pour y remédier. Je prenais un mot et voyais ce que je pouvais en faire. J'ai eu du mal à le retenir le fameux "procrastiner" mais à force j'ai fini par y arriver. Un collègue à l'usine cherchait justement ce mot-là et, au vu de la différence d'âge, il fut agréablement surpris quand il m’a entendu le lui sortir sans la moindre difficulté. De mon côté, je fus étonnée par sa surprise, tout comme celle de mes camarades de classe à cette époque (BTS alternance). Oh, je sentais bien que je n'avais pas ma place dans ce groupe. C’est vrai qu’on avait environ cinq ans de différence, c’est beaucoup. Mais j'ai dû passer par cette regrettable étape, toutefois ce ne fut pas en vain. Je pense que j'ai dû m'attirer les foudres de certains car j'étais avancée dans mes dossiers ; j'avais donc du temps pour mes travaux d'écriture. Dès que j'avais un moment, j'écrivais. 


Même pendant ma convalescence, j'avais un carnet et un crayon pour noter les idées pour les prochains romans. Pourtant, ce n'est que bien après qu'"ils" se sont manifestés. Je n'écris plus comme il y a quatre ans. Mon ancien banquier avait vu juste, mon écriture avait évolué. Serait-il devin ? Non, rien à voir avec un don de divination. Il avait simplement du bon sens. J'avais opiné sans avoir vraiment réalisé ce qu'il m'avait dit (pardon Monsieur). Maintenant je le comprends plus facilement car ma vision des choses dans l'écriture a changé d'angle au fil de mes recherches. Oui j'ai fini par vous comprendre Monsieur, même si je savais pertinemment au fond de moi que vous aviez raison. Seulement, il me manquait le "pourquoi". Je n'avais pas osé lui poser la question de peur de paraître désinvolte. Tel Socrate, je me pose souvent la question "pourquoi ?". Pourquoi les choses se passent-elles ainsi ? Puis je cherche jusqu'à trouver une réponse convenable. On n'oublie pas de multiplier les "bonnes" sources si possible, toujours vérifier l'info qu'on a sous la main. Il y a de plus en plus de trolls dans ce monde. Évitez le Gorafi par exemple. Il est bien pour plaisanter mais pas pour le prendre au sérieux.

 

Oui, je suis une grande (non petite, ça va les chevilles ?) chercheuse. Quand j'étais petite, je voulais devenir égyptologue. La première histoire que j'ai écrite se passait en Égypte d'ailleurs. Cependant mes résultats en maths étaient assez décourageants par période, cela dépendait du sujet. J’ai donc abandonné cette voie. Puis je me suis intéressée à la mythologie grecque. Les recherches me permettent de me prendre pour une archéologue en télétravail. Quelle drôle d’idée, je vous l’accorde. J'ai même fait un an de grec ancien au collège avec la même prof de français. Je regrette de ne pas avoir pu poursuivre cette matière. Je ferai une histoire sur les dieux grecs mais pas dans des temps antiques, à ma grande surprise. J’ai une autre idée intéressante à traiter. En tout cas, ce besoin d'écrire est toujours présent. Il se manifeste constamment et cela sur n'importe quel sujet. Deux ouvrages concerneront la musique : un sur le classique et un se déroulant dans une décennie plus moderne où le Rock était à son apogée. J’aurais tellement voulu connaître Europe et Bon Jovi plus tôt que cela. Ces artistes ont vraiment un talent fou. Queen se défend très bien, mais j’aurais aimé pouvoir élargir mon champ de vision quand j’étais plus jeune... Désormais, avançons dans le temps.

Le refuge

La classe de BTS ne savaient pas ce que représentait l'écriture pour moi. C'est un refuge où je me sens libre, libre du comportement infâme que je vois chaque jour dans ce monde, aussi bien en IRL (In Real Life, autrement dit en dehors des réseaux sociaux) que sur la toile du web. J'ai été dénigrée, salie par des ignorants ! Je suis taciturne en réalité, on me prend pour une pimbêche. Mais si je parle si peu, ce n'est pas parce que je me sens au-dessus des autres. Je fuis de plus en plus les conversations qui me paraissent trop toxiques. Je suis dans un état psychologique peu enviable, je m'énerve et monte en flèche car ma patience avec les ignorants est épuisée. Pas ignorants au sens "inculte", ignorants parce qu'ils jugent en toute hâte sans rien savoir sur la vie des autres ! C'est ce genre d’individus que je fuis la plupart du temps ! Afin d’éviter l'explosion ! J'avoue néanmoins ne pas toujours réussir à garder la soupape fermée. Voilà pourquoi je me renferme dans un mutisme pénible pour les autres. Je ne veux pas avoir à juger. Les commérages, je les ai en horreur. Et je refuse d'avoir de nouveaux conflits à cause de malentendus tant redoutés. Je ne me sens pas supérieure à vous du fait de mon évolution. Je cherche uniquement à me préserver autant que possible. La vie est suffisamment compliquée pour qu'on en rajoute. Alors chaque fois que j'en ai besoin, je retourne au refuge où je vois Shun me dire bonjour, Seiya que j'adore taquiner ; Aiolia aussi d'ailleurs, j'ignore pourquoi. Sans doute parce que j'ai l'impression d'être injuste à trop les ignorer.

Seiya : T'as vu, Aiolia. Elle s'en rend compte.
Aiolia : Hum oui je vois ça. Sympa la miss.

 

Leur vie

Vous vous demandez peut-être qui sont "ils" ? Je me suis égarée une fois encore. Ce sont les personnages, comme vu au-dessus. Eh oui, ils s’imposent d’eux-mêmes. Ils sont là, ils me parlent et je les vois (mentalement parlant). Mon désir d'écrire est devenu si viscéral, si prenant que les personnages ont pris vie dans mon esprit. Ce n'est plus vraiment moi qui écris tel personnage dira/fera ceci à telle personne. Ce sont eux qui me disent ce qu'ils veulent pour leur histoire. Ils ont leur caractère, leur personnalité. S'ils ne veulent pas être en couple avec telle personne, ils s'y refuseront car ils sont incompatibles. Cette autre graine d'imagination s'est développée au fur et à mesure sans que je m'en rende compte. J'ai la sensation d'avoir franchi une nouvelle étape dans l'évolution de mon style d'écriture, devenu plus spontané, plus vivant. Et cela, je le dois en grande partie aux vidéos de Maritza Jaillet. Oui je l'ai connu à peu près au moment où je reprenais les fanfictions avec le shōnen Saint Seiya. Certes, je ressors souvent son nom parce qu'elle m'a été d'une grande aide ; c'est grâce à elle que j'ai tant évolué d'un coup ! J’ai fait un bond en avant. Et c'est le cas de beaucoup de monde même si, je suis sûre, certains oseront dire le contraire. Eh oui, Maritza a des amis mais également des ennemis qui la jalousent. Enfin, ce n'est que mon ressenti. C'est elle qui m'a fourni la graine qui me manquait et je lui exprimerai toute ma gratitude autant de fois que je le pourrai ; elle qui fait un travail de titan avec son compagnon.

L'organisation

Un autre point que j'ai dû améliorer, c'est mon organisation, mon planner. J'ai fait une sorte d'introspection pour savoir ce qui me convenait et ce qui n'allait pas. Il me fallait un planner à anneaux pour insérer les fiches que je veux réellement. Pas besoin de fioritures colorés, j'ai mes Stabilo pour donner de la couleur. Des feuilles faites sur traitement de texte avec une mise en page économique (et écologique par la même occasion). C'est quoi le rapport avec l'écriture ? Un roman est un projet d’écriture. Et comme tout projet, cela se planifie.

 

Voici en gros mon organisation :

  • un plan synoptique (1er jet)
  • écriture sur Word 1 chapitre par semaine (2nd jet)
  • réécriture et/ou développement des scènes (3e jet)
  • amélioration des descriptions (4e jet)
  • correction fond (5e jet)
  • correction forme (6e jet)
  • mise en page
  • envoi aux bêta-lecteurs
  • suivi du projet

Cela en fait des étapes mais je pense être raisonnable. 

Conclusion

Au collège/lycée, je ne pensais pas que j'allais finir ainsi. Quand j'ai arrêté les fanfictions, je voulais absolument publier un livre "au moins un dans ma vie". Mon grand-père a pu vivre suffisamment longtemps pour voir son nom en couverture. Il en a écrasé une larme tant l’émotion était présente. Il ne s’attendait certainement pas à cela. Durant cette année 2021, je veux que ma grand-mère puisse vivre assez longtemps pour voir que je me suis finalement relevée. Il m'a fallu du temps et un coup de pouce mais j'y arriverai. Je veux qu’elle puisse le dire à mon grand-père quand elle le verra. "Au moins celui-là, encore une fois."

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