{Avis} Les anneaux de l'Inspiration

Résumé

Lauralie alfonsi

Prise prise par l'auteure du site.

FANTASTIQUE - JEUNESSE

 

« Entre la Vie et la Mort glissait une histoire…, l’histoire d’un secret… »

Écrivaine passionnée, Eileen vit pourtant la plus tragique expérience de son existence, la perte de l’Inspiration. Pour la retrouver, elle devra se confronter aux terreurs de sa propre histoire, à la prophétie de son Destin. Entre confiance et trahison, ses rencontres hors du commun la porteront jusqu’aux folies les plus viscérales des hommes. Mais qui est vraiment Eileen ? Dans quel secret son existence s’est-elle enlisée ? Eileen découvrira-t-elle à travers lui la source de l’Inspiration, le véritable sens de l’écriture ?
 

Sudarènes Éditions

L'auteure

Jeune auteure de 13 ans, Lauralie Alfonsi est passionnée de littérature depuis son plus jeune âge. Lauréate d’une vingtaine de prix littéraires, Lauralie est également l’auteur de poésies et de nouvelles primées dans des concours internationaux. Au-delà d’un récit imaginaire, ce premier roman est une descente philosophique dans les précipices de l’âme humaine. – Présentation tirée la 4e de couverture du livre.

La p'tite éval'

A. La couverture
Très jolie avec un personnage à gauche qui semble être Eileen et un cimetière avec un fantôme sur la droite. Une forêt en arrière-plan, un miroir et un livre vierge en premier plan. Tous ces éléments apparaissent bien dans l’histoire, jusqu’aux anneaux enflammés mis là en clin d’œil. Avec une telle couverture, on s’attend à une histoire assez épique.

B. La forme
Je ne pense pas avoir vu de fautes durant la lecture. En revanche, j’y ai vu des problèmes de mise en page, notamment au niveau de certains retraits de première ligne oubliés. Aussi, sur la 4e de couverture on nous parle de "roman", or j’ai plus eu l’impression de lire une nouvelle car en effet, c'est une nouvelle. Un détail qui ne m’a pas tellement plu parce que je m’attendais à un petit pavé d’au moins 200 pages et écrit différemment.

C. Le fond

  1. C’est là que j’ai de gros reproches à faire, sur l’élément le plus important d’un livre. C’est un texte trop littéraire par rapport au genre. Trop de mots compliqués sont placés çà et là, à bon escient mais parfois pas. Oh, il y avait là des tas de mots très savants, nous ne sommes que d’humbles pirates. – Capitaine H. Barbossa à Mademoiselle E. Swan, Pirates des Caraïbes, La malédiction du Black Pearl.  Comme "indicible" qui s’utilise sur des sentiments, des attitudes ou des événements mais pas sur des objets. Donc faire attention car comme le dit une collègue autrice "prenez garde lorsque vous utilisez des synonymes car les mots ont un sens". Toute cette ribambelle de mots savants m’a empêché de rentrer dans l’histoire car j’étais sans cesse avec mon dictionnaire. Au bout d’un moment, on finit par décrocher et à s’ennuyer.
  2. Le manque d’indice temporel m’a également fait défaut. Il a été impossible pour moi de me repérer dans le temps. Il n’y a qu’à la fin de l’histoire où Eileen a mangé et dormi ; enfin une pause, cela ne fait pas de mal.
  3. Présence de répliques parfois étranges ou mal amenées. Par exemple à la page 20 "Pourquoi tous ces bouquets de roses, soigneusement alignés sur les sépultures ? le questionnai-je. C’est étrange… On les croirait posés là pour changer le cours des choses !" Comment cela "pour changer le cours des choses" ? Lorsqu’on se rend dans un cimetière, on s’attend à ce qu’il y ait des fleurs. Que ce soit des roses ou des chrysanthèmes, qu’est-ce que cela peut bien faire ? La disposition est peut-être due à un procédé cérémonial. En quoi cela changerait le cours des choses ?
  4. Il faut aussi penser à mieux placer les figures de styles. Il semblerait que la répétition soit la figure favorite de cette autrice. Seulement trop de répétitions alourdissent le texte. Il y a parfois deux répétitions sur une double-page, c’est trop.
  5. Des passages superflus. Certains m’ont laissé une impression de remplissage. L’auteure racontait des choses et je me demandais bien en quoi cela pouvait servir l’intrigue. À la limite, si elle voulait partager des connaissances, je ne suis pas réfractaire à cela. Au contraire, cela apporte un plus à l’ouvrage. Mais il faut les amener naturellement dans l’histoire et qu’il y ait une raison à cet apport (par exemple : description de la culture de l’univers, description d’un lieu, des informations pouvant débloquer le personnage face à un obstacle, etc.).
     

Les points positifs :

  1. Le vocabulaire est riche.
  2. La fluidité qui reste néanmoins hasardeuse. Parfois c’est fluide, parfois on a l’impression de marcher sur son lacet. Gare à la chute !
  3. Univers original : malgré les défauts, Lauralie a tout de même créé un univers original avec un thème plutôt singulier mais que j’apprécie beaucoup.

 

Les points négatifs :

  1. L'intrigue pas vraiment réglée selon moi.
  2. La prophétie est très hasardeuse. À terme, on ne sait pas trop si elle a été réalisée ou pas. Néanmoins le dernier chapitre porte à croire que non.
  3. On comprend trop vite ce que sont les anneaux de l’inspiration. On le découvre dès le 2e chapitre, l’effet de surprise s’effrite déjà à ce moment-là. 
     

Avis global

Honnêtement, cette nouvelle m’a laissé de glace. À aucun moment je n’ai su rentrer dans l’histoire. De plus, le serpent est parfois agaçant et les protagonistes communiquent très mal du début à la fin. On a la sensation que les personnages n’évoluent pas. Je vois bien ce que Lauralie Alfonsi a voulu faire avec son texte car je le fais également avec mes fanfictions. Seulement, l’écriture est trop maladroite et trop plate. Ce n’était pas vraiment un premier jet, là ce serait exagéré de ma part, mais une réécriture ne ferait pas de mal. 

 

Les nombreux mots compliqués desservent le texte, aucune note de bas de page. On ignore même quel est le public cible de Lauralie. S’agit-il des adolescents ? On pourrait le croire car vu son âge à l’heure où j’écris cet avis, ce livre pourrait convenir à ce panel, néanmoins les mots compliqués risquent de les faire fuir. Et ne pensez pas qu’ils ouvriront le moindre dictionnaire. Est-il destiné aux personnes ayant l’esprit très littéraire ? Dans ce cas, les pauvres risquent de s’ennuyer malgré les mots savants. Ou peut-être aux intermédiaires comme moi, cependant c’est à double-tranchant. Moi-même, j’ai fini par abandonner le dictionnaire et par terminer cette histoire au plus vite sans comprendre certains passages, tellement j’en avais assez de me retrouver avec deux livres sur les bras.

 

À la fin de l’histoire, j’avais l’impression qu’Eileen avait tourné en rond dans sa propre histoire. Le dernier chapitre s’intitule "la fin ?" Est-ce que cela implique une suite à cette histoire ? Si c’est le cas, comment le savoir ? Rien n’indique qu’il s’agit d’un tome 1, tout porte à croire qu’il s’agit d’un one-shot. Aussi pourquoi change-t-on de point de vue dans ce dernier chapitre ? On passe du "je" à la troisième personne du singulier. Je n’ai pas vraiment compris.

 

Je suis sincèrement navrée que mon avis soit aussi négatif et c’est la première fois que cela m’arrive. Toutefois, l’auteure est encore jeune et je n’avais pas envie de la descendre. Aussi je pense que tout cela n’est pas réellement de sa faute. J’ai un doute concernant sa maison d’édition et je n’apprécie pas qu’on profite de la naïveté des mineurs. Pourquoi qualifier cette œuvre de roman alors qu’il s’agit en réalité d’une nouvelle ? Les attentes ne sont pas les mêmes. Pourquoi ne pas l’avoir prévenue (soit du genre soit des corrections à apporter) ? Pourquoi réaliser une couverture aussi épique ? En la voyant, je m’attendais à un roman du genre Le Seigneur des Anneaux. D’ailleurs, je l’ai montré à ma mère et c’est la première référence qu’elle m’a sortie. Pourquoi ne pas lui avoir fait une belle mise en page ? Celle-ci présente des erreurs d'édition (par exemple des retraits de première ligne manquants). Pourquoi lui mentir comme cela à cette auteure ? Pourquoi vendre son livre aussi cher alors qu’il ne vaut pas le prix fixé ? J’espère bien qu’elle touche au moins 25% de droits d'auteur parce que sinon cela revient à la voler. D'ailleurs, cela me rappelle les pratiques d'une maison d'édition à compte d'auteur. N'en seriez-vous pas une, Éditions Sudarènes ?

 

À titre de comparaison, mon premier roman était vendu à 19,30€ pour 191 pages ; et encore je le trouvais cher. Mais c’était la maison d’édition qui fixait le prix, je ne pouvais rien dire. Le sien ne contient que 106 pages pour 18€. Ne blâmez pas l’auteure, elle n’y peut rien non plus.
 

Quelques conseils

Si je peux me permettre de donner quelques conseils à Lauralie Alfonsi dans le cas où elle passerait par-là, les voici :

  1. Sachez adapter votre récit à votre public cible. Que vous ayez des connaissances hors-normes, c’est formidable pour vous. Mais cela indiffère totalement le public qui ne vous connait pas. Apprenez à utiliser ces connaissances à bon escient car… je ne voudrais pas faire de généralités injustes, mais on pourrait croire que ce n’est pas vous qui avez écrit ce livre. Prenez le temps de faire le tri parmi vos mots savants, de les expliquer si cela est inévitable. Prenez le temps de vous adapter à votre public. Et choisissez-le enfin ! Vous n’avez pas compris ? Je vous explique. Vous ciblez les adolescents ? Au diable les mots savants ! Vous voulez en mettre quand même un ou deux ? Bon, d’accord mais pensez aux notes de bas de pages, cela ne dénaturera pas votre livre. Vous ciblez les littéraires de grandes études ? Là oui, vous pouvez y aller mais attention à ne pas marcher sur des œufs. Vous ciblez les intermédiaires ? Jonglez entre les mots savants et la facilité de rédaction. Un texte simple peut avoir bien plus d’effets, bien plus d’impacts qu’un texte bourré (à en vomir) de fioritures et incompris.
  2. Rendez vos phrases plus fluides. La lecture doit être une glissade vers l’aventure. Il peut y avoir des embûches, c’est vrai. Il faut savoir manier nos armes, manier notre plume. Je ne vous dirai pas comment construire une phrase, vous savez le faire. Toutefois, il y a encore quelques couacs à corriger. Je sais qu’on est parfois tenté de faire ressentir au lecteur ce que le personnage éprouve lui-même. Il y a des astuces pour cela, c’est ce qu’il vous faut travailler.
  3. N'ayez pas peur de décrire les émotions, votre environnement, les pensées des personnages. Si vous voulez écrire un roman, écrivez un roman et non une nouvelle. Où sont donc passés les retournements de situations ? Votre chute n’en était pas réellement une. Oui, une nouvelle c’est court (comme votre livre, sans vouloir vous froisser), on doit aller vite car peu de place pour les descriptions et la chute doit être bouleversante. En effet, c’est plus compliqué d’écrire une nouvelle qu’un roman. Vous voulez écrire un roman ? Laissez-nous entrer dans votre univers. Ayez en tête que les descriptions (lieux, événements, émotions, état d'esprit, pensées) sont les éléments qui vont donner du relief à votre récit. Il y en a quelques-unes dans votre livre, seulement elles ne sont pas suffisamment développées pour toucher le lecteur.
  4. Variez entre les scènes d’action et les temps de pause. Les temps de pause permettent de donner un rythme à vos écrits et aux lecteurs d’assimiler la scène d’action qu’ils viennent de lire. Ce sera beaucoup plus agréable à lire. Un temps de pause, cela peut être une halte à une auberge, un café avec sa grand-mère, un personnage qui lit un livre et qui fait des réflexions, etc. Cela peut être également un paragraphe descriptif.
  5. Faites évoluer vos personnages. Eileen et le serpent sont les mêmes personnes du début à la fin. On a l’impression qu’il n’apprenne rien au fil de l’histoire. Y a-t-il vraiment eu de remises en question ? Pas des masses.
  6. Renseignez-vous sur la mise en page. Un conseil que je vous donne en plus car apparemment vous n'êtes pas aidée par votre maison d'édition.
  7. Et enfin, ne vous découragez pas. C’est vrai que mon avis vous semblera cinglant par rapport à d’autres mais je ne veux pas vous mentir. Ne pleurez pas, ne vous énervez pas. Dites-vous plutôt que nous apprenons tous les jours, on s’améliore tous les jours. C’est également mon cas à 32 ans, je n’écris plus comme à la sortie de mon premier livre. Un style d’écriture évolue au fil du temps... Vous avez effectivement des capacités. Alors trouvez-moi une raison qui lie ce spectre à Eileen. D’accord, il y a ce secret mais si ce spectre la hante, c’est qu’il attend quelque chose de sa part : sa défaite. Alors quoi ? Le spectre a gagné ? Oui ? non ? Peut-être ? Vous voyez, la chute n’est pas suffisante puisque je me pose encore la question.

 

Je vous souhaite bon courage pour la suite. Et si jamais vous avez besoin d’en discuter, je suis à votre disposition pour des éclaircissements.

Date de dernière mise à jour : 2021-04-13

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